Education à la santé
Abstract
Les urgences auxquelles notre société est confrontée en ce début de IIIe
millénaire nous obligent à considérer la santé publique parmi les priorités
actuelles à soutenir. En France, devant les conséquences sanitaires
des conduites addictives (tabac, alcool, drogues, etc.) et le caractère
pathogène de certaines pratiques nutritionnelles, la volonté de développer et
de promouvoir l’éducation à la santé anime un nombre croissant de responsables
politiques, d’organisations non gouvernementales et d’associations.
Dans ce vaste mouvement de prises de conscience qui s’opère depuis
quelques années avec le soutien de l’Organisation mondiale de la santé
(OMS), la formation des enseignants représente un levier d’action qui peut
particulièrement contribuer à prévenir, chez les apprentis citoyens, les comportements
à risques et favoriser les choix qui contribuent à leur bien-être et
leur épanouissement. C’est dans cette perspective que l’IUFM de la Réunion
a organisé les 19, 20 et 21 juin 2008 des journées de formation et de réflexion
sur « L’éducation à la santé et la prévention des conduites addictives » qui
ont rassemblé les représentants des principaux acteurs institutionnels
(DRASS, Centre hospitalier régional, Tribunal de grande instance, Rectorat,
médecine scolaire), sociaux (assistantes sociales), pédagogiques (conseillers
principaux d’éducation, professeurs, CRDP) et associatifs (Kaz’Oté, CRES,
ANPAA, ARPS1) de la Réunion engagés dans cette mission quotidienne.
Ce numéro 32 d’Expressions vient, en écho à ces journées, apporter sa
contribution à une meilleure connaissance des enjeux de l’éducation à la
santé et plus particulièrement de quelques actions mises en oeuvre à la Réunion.
Christophe Marsollier ouvre ce numéro en analysant les enjeux de
l’éducation à la santé dans notre société, y compris par rapport à un champ
médical qui reste plus souvent centré sur la dimension curative que sur la prévention des pathologies. L’auteur montre ainsi comment l’éducation à la
santé sera probablement amenée, à terme, à connaître d’importants développements
dans le domaine scolaire, dans un contexte où les grands problèmes
de santé publique (surcharge pondérale, addictions…) touchent de plus en
plus les enfants et les adolescents.
Maryvette Balcou-Debussche apporte des éclairages sur le développement
(en cours à la Réunion) d’un « passeport-santé » pour les élèves du premier
degré. Porté par l’IUFM, ce projet qui s’inscrit sur trois années vise à donner
une visibilité aux pratiques pédagogiques menées dans les classes en même
temps qu’il doit permettre de structurer le travail d’éducation à la santé et de
rendre les activités complémentaires. Ce développement s’appuie sur les
projets d’école et les dynamiques des équipes éducatives.
Patrick Garandeau offre son analyse d’expert de l’obésité infantile en
montrant l’ampleur du problème à la Réunion, en France mais aussi dans le
monde. L’auteur pointe les mécanismes complexes en jeu, mais il montre
aussi comment un travail d’accompagnement productif peut s’organiser avec
les enfants concernés et les familles. L’article permet, là encore, de mettre
l’accent sur la dimension préventive, en collaboration avec le monde scolaire.
Vincent Cauvez et Jean-François Guignard montrent comment, à travers
une structure de soins, différents professionnels réussissent à aider des jeunes
concernés par les conduites addictives et à cheminer avec eux. L’article insiste
sur la nécessité de réunir les conditions d’une qualité de communication,
d’une confiance relationnelle et d’une approche systémique de
l’accompagnement et du soin.
Sandrine Lauret et Thomas Pelka clôturent ce dossier en proposant une
ouverture sur l’apprentissage des secours. Encore peu connu par les enseignants,
cet axe de formation est pourtant en plein développement dans
l’académie de la Réunion. Avec cette contribution, mais aussi avec les précédentes,
les lecteurs mesureront le travail qui reste encore à réaliser auprès des
équipes éducatives pour que les enfants deviennent de véritables acteurs de
leur santé tout en sachant aussi se préoccuper de celle des autres.
Au-delà de l’éducation à la santé, ce sont donc des enjeux citoyens qui
sont pointés, avec à la clef de nouvelles dynamiques à développer dans les
pratiques pédagogiques. Autant de questions qui devraient donc susciter
l’intérêt des enseignants en poste, mais aussi celui de tous ceux que nous
formons…