Apprentissage de l'anglais en milieu diglossique réunionnais

Résumé : Le contexte socioculturel de La Réunion se caractérise par la situation de diglossie c'est-à-dire la cohabitation de 2 codes linguistiques (Ferguson, 1959), l'un le français, langue de prestige, écrite et parlée, qui bénéficie d'un statut valorisé et l'autre le créole, langue orale, parlée dans la plupart des familles et considérée comme inférieure et longtemps exclue des espaces publics tels que les administrations et les médias ainsi que l'école. Depuis 2000, grâce notamment à sa reconnaissance officielle comme langue régionale, le créole apparaît dans la sphère publique aussi bien à l'école, mais de manière extrêmement limitée, que dans les médias, de manière un peu plus significative, puisque de nombreuses émissions radio ou télé, des interviews, se déroulent dans la langue maternelle des Réunionnais. On notera par exemple la création d'une licence Créole à l'université, un enseignement du créole au sein de l'ESPE (école supérieure du professorat et de l'enseignement), une option créole au baccalauréat et une session d'information sur la culture et donc la langue locale en direction des enseignants de l'hexagone affectés à La Réunion à chaque rentrée scolaire. Quelques classes bilingues créole-français ont également vu le jour dans des écoles primaires mais aucun dispositif d'évaluation digne de cette appellation n'a été prévu pour tirer des conclusions valides quant à son incidence sur l'investissement scolaire des bénéficiaires. Nous pouvons affirmer que ces initiatives restent symboliques en dépit d'une réelle volonté officielle (de la loi Deixonne du 11/01/1951 en faveur de l'enseignement des langues et dialectes, à la charte européenne des langues régionales et minoritaires de 1992, jusqu'au dernier amendement sur les langues régionales, adopté le 28 février 2013 dans le projet de Loi Peillon sur l'école) et en dépit de la mobilisation de bon nombre d'acteurs persuadés que l'intégration à part entière du créole au sein du système éducatif est une des conditions susceptibles d'améliorer les performances scolaires des ressortissants de la communauté linguistique créolophone. L’École réunionnaise demeure ce calque métropolitain confronté aux réalités locales, cette «combinaison malaisée » entre plusieurs univers culturels divergents évoquée par Driss Alaoui et Frédéric Tupin (2010). Une résistance voire un refus de sa propre langue maternelle existe, que traduit bien d'ailleurs le petit effectif d'étudiants inscrits à la licence créole pro-posée à l'université et qui selon les travaux disponibles sur le sujet l'attribue à un effet de la dévalorisation organisée dont cette langue a fait l'objet dans le passé.
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Vingadessin Nadia. Apprentissage de l'anglais en milieu diglossique réunionnais. Actualités de la recherche en Sciences de l'Education dans l'océan Indien, Université des Mascareignes de Maurice; Observatoire Régional de Littératie; Centre Interdisciplinaire de Recherche sur la Construction Identitaire, Dec 2014, Saint-Denis, La Réunion. pp.91--95. ⟨hal-01910867⟩

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