Une figure haïe et fascinante : Catilina, histoire et mythe

Résumé : L'histoire de Rome abonde en conspirations, complots et conjurations depuis la révocation des rois et le début de la lutte entre le patriciat et la plèbe, au début du V e siècle avant notre ère. Toutefois une conjuration et une figure dominent les autres : Lucius Sergius Catilina (108-62). Comment expliquer cette place ? La conjuration de Catilina se constitue pendant une période particuliè-rement violente et perturbée pour la République romaine. Des hommes politiques émergent et se disputent les faveurs des deux partis-optimates et populares ; peut-être y avait-il un troisième parti, comme le suggère Walter Allen. Les causalités politiques, économiques et morales sont indissociables. En effet, pour un Romain, le mos majorum, référence suprême, conditionne la pérennité ou la décadence de la Ville. Pour le regard moderne en revanche les causes morales semblent brouiller les autres. Cependant, dans le cas de la conjuration de Catilina, ces concepts moraux n'ont-ils pas été, pour Cicéron et Salluste en particulier, une façon de biaiser le problème politique, social et économique de fond, à savoir le sentiment d'humiliation et d'impuissance éprouvé par les populares, et d'occulter la terrible question des dettes (aes alienum) et de ses conséquences sur la société, et plus particulièrement sur la citoyenneté ? Les historiens modernes de l'école anglo-américaine, au XX e siècle, se sont interrogés sur cette représentation de l'événement. L'Américain Steven Saylor (né en 1957) dans son roman L'énigme de Catilina (Catilina's Riddle), paru en 1993, indique la bibliographie antique, classique et moderne qui lui a donné envie d'écrire sur la conjuration de Catilina. Si, dit-il, ce personnage l'a toujours intrigué à la lecture des sources anciennes, ce sont des travaux du XX e siècle qui l'ont fait passer à la rédaction, et en particulier l'article fondamental de l'Américain Walter Allen Junior, In Defense of Catiline, paru en 1938 et dont notre traduction inédite suit cet exposé. Diplômé d'histoire, S. Saylor s'est orienté vers l'écriture journa-listique, puis fictionnelle. Et justement il attire l'attention sur l'avantage du statut romanesque : « Par bonheur, le romancier qui écrit à la première personne, libéré de toute prétention à l'omniscience (ce qui est bien commode), peut suivre de près la trame serrée des événements historiques, sans pour autant renoncer aux broderies d'une interprétation subjective » (p. 446).
Mots-clés : Italie -- Antiquités
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Myriam Kissel. Une figure haïe et fascinante : Catilina, histoire et mythe. Journée de l'Antiquité et des Temps Anciens 2014-2015, Apr 2014, Saint-Denis, La Réunion. pp.159--182. ⟨hal-01909298⟩

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