Pirates et esclaves noirs dans les Indes occidentales espagnoles (XVIe - XVIIe siècles)

Résumé : Le monopole accordé à l'Espagne par le Saint-Siège, détourné de sa finalité première, uniquement spirituelle, par la cupidité des conquérants et l'intérêt de la Couronne, se transforma rapidement en exclusivité d'exploitation du Nouveau-Monde. Le processus, bien connu, entraîna une forte chute démographique des peuples autochtones, d'abord dans les îles de la Caraïbe puis dans les deux vice-royautés du continent, justifiant ainsi le recours à la traite des Noirs. Avec l'affluence des matières précieuses à Séville –or, argent, perles, pierres de valeur-, les puissances européennes frustrées, Angleterre, Hollande, France, firent entendre leurs protestations d'autant plus fort que le grand schisme d'Occident accentua les rivalités. Elles n'eurent en ces circonstances aucun scrupule à pratiquer la guerre de course afin de récupérer une part du "gâteau" , en attendant mieux, lors du transfert vers la péninsule. Les pirates ne limitèrent pas leurs interventions à la prise de galions espagnols en haute mer. Ils s'attaquèrent, s'ils en avaient les moyens techniques et militaires, aux principaux ports d'embarquement du quint royal et des biens des particuliers. Cela était d'autant plus facile que, dans un premier temps, la défense de ces ports était mal assurée par des milices, en l'absence d'armée coloniale et de fortifications. Mais, face aux ouvrages militaires, de plus en plus sophistiqués, dont s'entourèrent ces ports, ils durent affiner leur stratégie, et chercher les défauts du système politique régissant les Indes occidentales espagnoles, fondé sur l'asservissement des peuples indigènes, puis sur l'esclavage des Noirs. Ils tablaient sur la soif de liberté animant ces deux composantes de la population, de loin les plus importantes, pour s'en faire des alliées. Dans les lignes suivantes, nous nous intéresserons à l’élément allogène, les Noirs étant considérés comme plus réceptifs, de par la profondeur de leur ressentiment dont ils donnèrent des preuves par de violentes révoltes. L’une des premières se produisit dès 1522 sur l’île d’Española, dans l’hacienda sucrière de Diego Colón, le fils du découvreur et premier vice-roi.
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Danièle Berton-Charrière; Sophie Jorrand; Monique Vénuat. Témoigner : flibuste, piraterie et autres courses. De la Renaissance aux Lumières, Presses Universitaires Blaise Pascal, pp.33-56, 2015, Cahiers de l'équipe de recherches sur la Réforme et la Contre-Réforme - CERHAC, 978-2-84516-691-2
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Jean-Pierre Tardieu. Pirates et esclaves noirs dans les Indes occidentales espagnoles (XVIe - XVIIe siècles). Danièle Berton-Charrière; Sophie Jorrand; Monique Vénuat. Témoigner : flibuste, piraterie et autres courses. De la Renaissance aux Lumières, Presses Universitaires Blaise Pascal, pp.33-56, 2015, Cahiers de l'équipe de recherches sur la Réforme et la Contre-Réforme - CERHAC, 978-2-84516-691-2. 〈hal-01275191〉

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