, était l'assurance de voir, à terme, le SIMG mahorais rattraper le SMIC national alors qu'il lui est, actuellement, de 63 % inférieur ; c'était la perspective de l'extension du revenu de solidarité active quand le revenu annuel des ménages mahorais (9 337 euros, en 2005) est à peu près le tiers de ce qu'il est en métropole ; c'était la promesse de la mise à niveau de Mayotte dans toutes les politiques publiques, notamment l'éducation, le logement, la santé ou le développement économie, et autres transferts sociaux ont quelque importance pour les habitants qui sont aussi des électeurs : voter « oui

, Sans compter les conséquences inévitables de l'application du droit communautaire, même raisonnablement adapté, qui signifie notamment l'ouverture de Mayotte à la concurrence, la politique commune de la pêche, les normes environnementales et bien d'autres contraintes, peu mesurées ou explicitées. En conclusion, on admettra que le refus initial de l'indépendance par Mayotte était certainement, avant tout, le refus de la domination de la Grande Comore sur l'archipel, la décision de transfert du chef-lieu du territoire d'outre-mer des Comores, prise par l'assemblée territoriale, le 14 mai 1958, étant souvent présentée, à cet égard, comme le seul facteur explicatif du vote des représentants de Mayotte à l'assemblée territoriale, le 11 décembre 1958, en faveur de la transformation du TOM en DOM des Comores au sein de la République française. C'est oublier un peu vite que la revendication départementaliste à Mayotte est, d'abord, une revendication anti-indépendantiste, bien antérieure à 1958, quant à elle, car elle se confond, à la vérité, avec l'histoire constante de ce territoire depuis la Monarchie de Juillet. Pour se faire bien comprendre, on dira les choses autrement : pour Mayotte, l'alternative à son appartenance à la France ne serait pas, à présent, son intégration dans l'Union des Comores ; ce serait, de façon improbable, sa propre indépendance, sous la protection de la France, Or, cet alignement sur le droit commun du droit de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que de la protection et de l'action sociales correspond à la partie la plus visible -on dira même la plus identifiable -de l'assimilation que suppose toute départementalisation d'une collectivité territoriale d'outre-mer. Il y aura donc lieu de réduire, en ce sens, les nombreuses autres exceptions encore énumérées à l'article LO 6113-1 du Code général des collectivités territoriales : impôts, 2003.

T. Mayotte and D. Limodin, Etat à Mayotte, depuis 1976, mais aussi comme exécutifs de la collectivité décentralisée, de 1976 à 2004 : leur histoire reste à écrire pour mesurer la part qu'ils ont prise, eux aussi, eux surtout, dans la marche de Mayotte vers le droit commun. Il faudrait y associer les chefs des autres services de l'Etat, hors hiérarchie préfectorale : on pense à ces grands administrateurs de la France d'outre-mer qui, dans le prolongement des administrateurs coloniaux -si volontiers décriés et si souvent remarquables -font la solidité, la réputation et l'honneur de la fonction publique : on évoque, ici, les directeurs de l'Enseignement, tels que Jean Fasquel, ou encore les procureurs de la République, tels que Patrick Brossier