, -82 (21,8 % pour le taux de base bancaire !)... et l'inflation, en baisse néanmoins, restera encore supérieure à 10 % en, 1984.

, Unis et 7 % en Italie ! Revers de la médaille : l'activité s'enlise un peu partout, et d'abord aux États-Unis, où la croissance s'arrête pendant la période « dure » de rigueur monétaire (1980-82), faisant bondir le taux de chômage d'environ 6 à 10 % de la population active. Le système financier lui-même est fragilisé : les caisses d'épargne, par exemple, détentrices principalement d'actifs à rendement fixe, sont durement affectées. Pire : au Royaume-Uni, le PNB baisse de 5 % et le chômage double en 1980-81. Toutes proportions gardées, les résultats sont les mêmes, bien que plus modérés, pour la RFA et l'Italie. La hausse des taux d'intérêt engendre une forte hausse de la valeur internationale du dollar américain. Cette appréciation, en réduisant le coût des produits importés (effet direct) et en dissuadant les producteurs américains d'augmenter leurs prix, L'inflation reculant, la hausse des taux nominaux se répercute sur les taux réels qui atteignent, en 1984, par exemple, pour le crédit bancaire aux emprunteurs du premier rang, 8 % aux États

. Il and . Dollar, de 34 % , puis encore de 18 % en 1983-84, soit, pour l'ensemble de la période 1980-84, une hausse de 58 %. En d'autres termes, il baisse de 5,53 francs en 1970 à 4,23 francs en 1980, après avoir baissé de 21 % entre 1975 et 1980, augmente brutalement, 1980.

, De la même façon, de 1979 à la mi-1982, la livre sterling s'apprécie de 13 % pour se replier dès que les taux d'intérêt commencent à baisser. En RFA, la hausse des taux d'intérêt permet simplement d'empêcher la dépréciation du Deutschemark 43 et, en Italie, de freiner la dépréciation de la lire. Bien entendu, les taux d'intérêt ne sont pas seuls responsables des changes. Par exemple, le dollar américain ne saurait être considéré comme les autres monnaies : en effet, émis par la plus grande puissance mondiale, il est la monnaie la plus utilisée dans le commerce international et bénéficie d'un statut de « deviserefuge

, franc français : un peu pendant les années 60 (de 1,176 FF en 1960 à 1,518 FF en 1970)

, La responsabilité de la politique monétaire dans ce résultat n'est probablement pas nulle, mais on ne saurait négliger le rôle majeur de la désindexation salariale, d'une part, et de la situation internationale « désinflationniste » de cette époque, d'autre part : baisse du dollar américain après 1985 et contre-choc pétrolier. Il n'en reste pas moins que la politique du franc fort a permis une réduction régulière de la « prime de risque » sur le franc. De 1945 à 1986, la France a cherché à freiner les sorties de capitaux à l'aide du contrôle des changes, lequel fut particulièrement draconien lors du passage de M. Jacques Delors au ministère de l'Économie et des finances, de 1981 à 1983. Il est vrai qu'il fallait lutter contre la fuite des capitaux et la spéculation contre le franc engendrées par la défiance des milieux d'affaires à l'égard du nouveau gouvernement d'Union de la gauche et de sa politique de relance de l'activité. Cette politique venant à contre-temps de ce que faisaient nos partenaires leur a plus profité qu'à nous-mêmes si on en juge par le creusement du déficit de la balance des paiements courants de 17,6 milliards de francs en 1980 à un maximum de 79,3 milliards en 1982. Pire, la balance commerciale est passée de l'équilibre, en 1978, Avant 1976, l'inflation s'accélère pour se stabiliser à un niveau relativement élevé jusqu'en 1983, date du tournant de la « rigueur » : les résultats de la politique monétaire sont donc, pour le moins, mitigés. Après 1983, toutefois, s'enclenche, avec retard, certes, mais comme chez nos voisins, un processus de désinflation : la hausse des prix à la consommation passe de plus de 10 % en 1980 à 3 % environ aujourd'hui, l'un des plus faibles taux d'inflation des pays développés

, à servir au maintien des parités du franc avec les autres monnaies du système monétaire européen. Ils risquent donc de rester relativement élevés, tout comme les taux longs, d'ailleurs, qui doivent maintenir la place attractive du marché financier parisien. De plus, comment, dans le cadre d'une Europe de plus en plus unie, ne pas être obligé de se concerter avec nos partenaires européens ? Au terme de ce travail

, instabilité des fonctions de demande de monnaie contemporaines, évidente depuis le premier choc pétrolier, empêche d'anticiper les évolutions à venir. Pourquoi cette instabilité ? Quatre raisons, au moins, peuvent être avancées : 1. la déréglementation des marchés de capitaux qui a rendu les taux d'intérêt à court terme très volatils

, des changements dans les comportements d'agents qui cherchent à moins recourir à des moyens de paiement liquides

, des innovations financières favorisant, là encore, de nouveaux comportements en matière de demande de monnaie

, une ouverture internationale croissante, notamment en ce qui concerne les échanges de capitaux

, On peut conclure, ensuite, que la demande de monnaie étant de moins en moins liée aux échanges de biens et de services, l'efficacité des politiques monétaires ne

. C'est, ce que les observations statistiques que l'on a pu faire ces dernières années mettent en évidence. Elles montrent, en effet, que : 1. les autorités monétaires ont été, en général, incapables de s'en tenir à l'évolution prévue de la masse monétaire

, 2. les dépassements d'objectifs n'ont eu que peu de rapports avec la croissance et l'inflation, à tel point que les années 80 ont même été marquées par un mouvement général de désinflation

, 3. en réalité, l'ajustement entre l'offre et la demande de monnaie s'est effectué sur les marchés internationaux ; d'ailleurs, la nécessité d'une coopération entre banques centrales était acquise dès le « sommet » du G5 qui a eu lieu à Williamsburg, aux États-Unis, en 1983, 1987.

. Aussi, intérêt qui est l'instrument privilégié des politiques monétaires, notamment en matière de gestion des changes. Ces politiques, de toute façon, ne jouent plus qu'un rôle secondaire puisque les taux d'intérêt se fixent en raison de considérations d

, Patrick Artus 45 voit, dans cette évolution, la manifestation à la fois d'une hiérarchie et d'une asymétrie croissantes dans le cadre d'un système économique international dont les États-Unis seraient le centre et où l'autonomie de la politique monétaire décroîtrait avec la taille

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