A. Ulysse and A. Préférer, Alors qu'après l'errance, Ulysse revient chez lui dans la terre mère et originelle, Abraham se met en marche et quitte sa patrie pour une terre inconnue dont il s'agit de ne plus revenir 32

«. , Abraham est celui qui renonce au séjour : le nomade que « la possession ne contente pas [et qui] répond à l'appel d'un mouvement » 34 . Il comprend que la vérité n'est pas elle-même sédentaire, mais qu'elle impose de quitter la parenté pour épouser l'errance 35 . CONCLUSION Ulysse préfère l'accomplissement de son devoir à l'aventure comme suspension de la morale : il faut rentrer à Ithaque car il ne saurait décevoir ses obligations de chef et d'époux. Mais Ulysse n'a-t-il pas pressenti lui-même qu'il a sabordé l'aventure ? Est-il seulement heureux de rentrer à Ithaque ? Non, comme l'imagine Jankélévitch : « Il est distrait, taciturne, il ne mange plus la soupe de l'épouse ; la ride de la conscience soucieuse jette une ombre sur son front et ternit l'innocence de son bonheur, mais toute sa descendance et la totalité de sa Maison, vol.33

E. Levinas, . Husserl, and . Heidegger, Au mythe d'Ulysse retournant à Ithaque, nous voudrions opposer l'histoire d'Abraham quittant à jamais sa patrie pour une terre encore inconnue et interdisant à son serviteur de ramener même son fils à ce point de départ, p.191, 1982.

E. Hoppenot,

L. Blanchot, . 'entretien-infini, . Paris, and . Gallimard, 183 : « Être païen, c'est se fixer, se ficher en terre en quelque sorte, s'établir par un pacte avec la permanence qui autorise le séjour et que certifie la certitude du sol. Le nomadisme répond à un rapport que la possession ne contente pas. Chaque fois que l'homme juif nous fait signe dans l'histoire, c'est par l'appel d'un mouvement. Abraham, heureusement installé dans la civilisation sumérienne, 1969.

O. Blanchot, Va-t'en de ton lieu natal, de ta parenté, de ta maison", portent un sens qui n'est pas négatif. S'il faut se mettre en route et errer, est-ce parce qu'exclus de la vérité, nous sommes condamnés à l'exclusion qui interdit toute demeure ? N'est-ce pas plutôt que cette errance signifie un rapport nouveau avec le "vrai" ? N'est-ce pas aussi que ce mouvement nomade (où s'inscrit l'idée de partage et de séparation) s'affirme non pas comme l'éternelle privation d'un séjour, mais comme une manière authentique de résider, d'une résidence qui ne nous lie pas à la détermination d'un lieu, ni à la fixation auprès d'une réalité d'ores et déjà fondée, sûre, permanente ? Comme si l, « Les mots exode, exil, aussi bien que les paroles entendues par Abraham, p.185

B. Jankélévitch, Quelque part dans l'inachevé. Paris : Gallimard, 1978.

. Ibid,