La réécriture au XXIe siècle : études cartographiques des passages entre les oeuvres

Abstract : Les articles sélectionnés dans ce numéro apportent un éclairage plus précis qui interroge directement d’une part notre rapport à l’écriture et aux nouvelles formes littéraires et d’autre part notre rapport au sujet et à ses traumatismes exprimés dans la littérature contemporaine. Quatre critères se dégagent de l’ensemble des articles et permettent de définir une conception et une pratique récentes de la réécriture. À partir d’une étude sur la réécriture d’un conte ou d’un mythe les deux premiers articles de ce numéro envisagent la réécriture comme une certaine « plasticité de pensée » par laquelle s’observe aisément ce que Marc-Williams Debono appelle « une dynamique d’ancrage du sujet » dans la connaissance du monde. Un deuxième critère apparaît clairement à travers les quatre articles suivants qui proposent une étude comparée de L’Étranger de Camus et de ses réécritures à travers le roman de Kamal Daoud, Meursault contre-enquête, et l’adaptation théâtrale de Philippe Berling, Meursaults. Il s’agit d’un critère de relativité par lequel le sujet réécrivant affirme sa centralité au sein d’une pluralité de points de vue qui pourraient bien être, comme le note Michel Bertrand, des « alibi[s] littéraire [s] ». Trois autres études cartographiques de passage entre les œuvres montrent à quel point la pratique de réécriture nécessite une certaine mobilité du sujet qui s’avère une mobilisation d’ordre politique ou une démobilisation psychologique proche de la possession ou bien encore une sorte de mobilisme jubilatoire et salvateur où la réécriture devient un moyen efficace de passer toutes sortes de frontières. Enfin, si l’on admet que ces trois premiers critères constitutifs de la réécriture sont essentiels à un désir actuel de reconfiguration du visible et du perceptible, les trois dernières études montrent que l’un des critères les plus spécifiques à la pratique récente de réécriture renvoie à la conscience double du sujet réécrivant : conscience du monde et conscience du langage qui représente le monde. Selon les exemples choisis, des réécritures de tragédies antiques aux adaptations cinématographiques contemporaines, ces trois articles laissent penser que la conception et la pratique de réécritures n’ont de pertinence littéraire et scientifique qu’à travers la conscience des mécaniques narratives ou dramatiques qui se jouent dans le monde et en préservant la confiance dans les mots pour ne plus voir et sentir le monde comme une terre étroite.
Type de document :
Direction d'ouvrage, Proceedings, Dossier
Marc Arino et Bénédicte Letellier. France. 2016, TrOPICS
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Contributeur : Bénédicte Letellier <>
Soumis le : lundi 26 septembre 2016 - 10:36:32
Dernière modification le : mercredi 8 novembre 2017 - 14:08:05

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Bénédicte Letellier, Marc Arino. La réécriture au XXIe siècle : études cartographiques des passages entre les oeuvres. Marc Arino et Bénédicte Letellier. France. 2016, TrOPICS. 〈hal-01371521〉

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